Kenneth Bernard est, comme le qualifie le théoricien de l’avant-garde américaine Richard Kostelanetz, « the ultime finge writer » (l’écrivain marginal par excellence). Il habite aujourd’hui, avec sa femme et trois chats, dans un appartement de l’Upper West Side, à New-York. Vivant en retrait de la société (n’essayez pas de trouver sa trace sur internet), il s’est d’abord fait connaître dans le théâtre d’avant-garde de Boradway. Extrait des archives du district est son seul roman.
Comme Beckett et Kafka (la comparaison revient souvent dans les analyses de journalistiques et d’universitaires), il met souvent en scène des personnages qui, à la recherche d’une nouvelle vie, restent prisonnier de leur éducation et de la société. L’inscription de cet auteur en dehors des circuits éditoriaux et commerciaux habituels explique que sa notoriété n’ait jamais dépasser le cercle des critiques et des écrivains (le poète Ted Hughes lui vouait par exemple une grande admiration). Lecteur de philosophie (et notamment de Foucault), l’auteur paie peut-être aussi le prix d’une certaine intransigeance littéraire... et de caractère : « Kenneth Bernard est le Lautréamont de l’underground de l’underground de Broadway, un écrivain qui ne s’intéresse qu’à explorer la face cachée des mythologies populaires. Une arme sur la tempe, il resterait désagréable. » (Village Voice)